Dewoitine 521

Au regard de la "qualité" des moteurs Hispano-Suiza, qui, outre une fiabilité pas toujours au rendez-vous, étaient courts en puissance et pas souvent disponibles à l'heure dite. Pour remédier à ces problèmes qui ne sont pas rien pour un chasseur, l'idée survint, en Octobre 1939, d'équiper un D-520 d'un moteur anglais Rolls-Royce Merlin III (S/N 20 337) avec une hélice De Havilland.
Ce fut le D-520 n°251 qui fut choisi, mais pas pour longtemps, puisque le 19 Novembre le projet était enterré. Le moteur anglais sera bien plus tard récupéré par Amiot pour équiper un 353/356.
Avant cette récupération par Amiot, Dewoitine fit quand même un test sur le D-520 n°41, non armé, qui vola pour la première fois le 9 Février 1940, aux mains de l'habituel Marcel Doret. Bien sûr, après trente minutes de vol, des défauts apparurent:
- Centrage trop en avant, lié au différentiel de poids entre les deux moteurs, le bureau Dewoitine ayant sans doute sous-estimé la masse du moteur Merlin.
- Le Merlin tournant dans le sens inverse de l'Hispano-Suiza, la compensation du couple de renversement se révéla désastreuse, puisque le fuselage du D-520 était dissymétrique mais avec un réglage adapté pour le moteur français.
- Une instabilité de route à basse vitesse.

On constate que rien de rédhibitoire ne ressort de ces critiques et quelques semaines d'essais sur une cellule appropriée auraient facilement réglé ce contencieux.
Par contre, il est aussi facile de faire la différence de puissance entre les deux propulseurs, 920 ch pour le 12Y45 d'Hispano-Suiza, 1 440 ch pour le Merlin, avec, avantage complémentaire non négligeable, une fiabilité au moins aussi bonne sinon meilleure avec une production en série sans retard criant.
Sept autres vols eurent lieu entre le 20 Février et le 7 Mars, pour une durée totale de 6h 25 min, ce qui parait peu par rapport au challenge.

Galy, un autre pilote d'essais de Dewoitine repointera les mêmes défauts,ce qui est normal puisque rien n'avait été modifié, par contre, il nota une vitesse ascensionnelle bien meilleure avec le Merlin et une vitesse maximum passant de 535 à 570 km/h, l'emmenant, cette fois jouer dans la cour des grands. Il devenait un rival de poids pour le Messerschmitt 109, y compris avec la version Me-109E.
Rappelons-nous tout de même les dates de ces travaux. La charge de travail de Dewoitine, jointe à l'arrivée d'échéances historiques, ne devaient pas faciliter l'atmosphère sereine qui convient pour une campagne d'essais.

Pour l'anecdote, Charles Lindbergh avait noté quelques temps plus tôt que le meilleur compromis mondial était une cellule d'avion français avec un moteur allemand, lui qui, avec l'accord de Daladier, avait été négocier, avant guerre, la vente à la France de moteurs Daimler par Goering.

Avant de rentrer dans le rang, le D-520 n°41 fera encore sept vols, le dernier ayant lieu le 23 Mars 1940.
Il est dommage de ne pas avoir plus de détails sur ceux qui ont oeuvrées pour que l'association franco-britannique ne se réalise pas. Car au vu du différentiel de performances, il y eut certainement des interventions en sous-main pour faire revenir le D-520 à son moteur français moins performant.


D-521 Longueur: n/a
Envergure: 10,20 m
Hauteur: 2,62 m
Surface alaire: 15,97 m²

Masse à vide: 2 156 kg
Masse en charge: 2 835 kg

Vitesse maximum: 570 km/h
Vitesse ascensionnelle: n/a
Plafond pratique: 10 000 m
Rayon d'action: n/a

Motorisation: 1x moteur Rolls-Royce Merlin III
Puissance nominale: 890 ch
Puissance maximum: 1 440 ch
Hélice: tripale De Havilland

Armement:
1x canon HS-404 de 20 mm
4x mitrailleuses MAC-34 de 7,5 mm

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