Canon HS-404


En 1917, sur une suggestion de Guynemer, Mark Birkigt, ci-devant ingénieur et patron de la firme Hispano-Suiza, adapta un canon de 37 mm dans le V constitué par les deux blocs cylindres du moteur 8B de 220 ch, tirant par le moyeu de l'hélice.
Même si le tir n'était qu'au coup par coup, Fonck améliora son score aérien de onze victoires (Guynemer avait été abattu entre-temps), grâce à ce canon auquel les appareils ennemis de l'époque ne pouvaient resister à cause de leurs structures trop légères.
Trop lourd pour les avions de la fin de cette première guerre mondiale, le canon fut abandonné pour de longue années.

D'origine suisse et de calibre de 20 mm, le nouveau modèle à tir automatique rapide avait été initialement conçu par Oerlikon et fut utilisé au départ par Hispano-Suiza, où il prit la désignation HS-9.
Il était bien évidemment destiné à une utilisation exclusive sur les moteurs de la série des 12Y de la même marque. Il fut utilisé sur les Dewoitine D-501 et 510.
Fixé au carter moteur et au réducteur, le tube de tir débouchait à l'intérieur de l'axe de l'hélice.
C'était un bon canon, léger, 63 kg chargeur compris, capable de tirer des obus perforants, explosifs ou incendiaires avec une vitesse initiale de 835 m/sec, ce qui lui assurait d'excellentes qualités balistiques, avec un pouvoir perforant élevé.
Toute médaille ayant son revers, dans le cas présent, il y en avait même deux, la cadence de tir, avec seulement 350 coups/minute et la capacité du chargeur, soixante-dix obus, dont seulement soixante utilisables, donnant au mieux dix secondes de tir.

Il s'en suivit une étude entièrement française, pour l'améliorer, ce fut le HS-404.

HS-404 Radicalement différent, son déverrouillage s'effectuait par emprunt des gaz de tir, tandis que l'ouverture de la culasse était commandée par le recul de l'arme.
De son étude, résultait également une autre différence importante, il était installable, soit, comme son cousin helvète, à l'intérieur du V du moteur, soit dans l'aile de l'avion.
Dans ce dernier cas, une partie du poids du chargeur était supporté par une sangle réglable du compartiment réservé aux armes et, fixé sur l'intérieur de l'extrados de l'aile.
S'il était positionné à l'intérieur du V du moteur, le canon était démontable par l'arrière, grâce à un tunnel aménagé dans le réservoir de carburant principal s'intercalant entre le moteur et le poste de pilotage, sortant par ce dernier, à l'aide de petites portes dans les cloisons, la culasse pouvant se démonter seule.
Plus tard, au moment du choix du moteur 12Y51, doté d'un compresseur Szydlowsky-Planiol, plus volumineux que les Hispano ou les Viets des versions précédentes, la mise en place de l'arme devint particulièrement délicate.

Le frein de bouche initialement utilisé, endommageait le moteur électrique de changement de pas de l'hélice Ratier.
La solution fut trouvée par l'adoption d'un système composite frein/pare-flamme, entraînant une modification du montage sur le moteur.

Sa vitesse initiale n'était guère plus élevée, avec 850 m/sec, mais la cadence de tir était doublée avec 700 coups/minute.
Le chargeur restait le même avec soixante obus, ce qui ne donnait plus que six secondes de tir, même si les "possibilités" d'enrayage de cette nouvelle version étaient quasiment nulle.
Ce fut, plus tard, une des raisons des interrogations des pilotes et des armuriers de piste.
Durant la Campagne de France, principalement les D-520 et, très peu ou pas du tout les MS-406 pourtant équipés de la même mécanique et de la même arme, connurent un nombre inquiétant d'enrayages et/ou d'explosion d'obus dans le canon durant la seconde rafale.
On ne saura jamais la vérité sur le sujet, l'âpreté des combats ne se prétant guère à la nomination d'une commission d'enquête.
Malfaçons volontaires ?
Incompétences dans la fabrication ?
Mais pourquoi seulement sur le meilleur chasseur et uniquement à la seconde rafale ?
Le spectre du sabotage a plané d'autant que ce fait "antipatriotique" ne fut pas isolé durant cette période confuse. La Libération ne permit pas de lever le doute sur cette question (et les autres du même ordre dans l'hexagone), mais pendant longtemps le pacte germano-soviétique alors en vigueur en 1940 a laissé planer un gros doute sur les actions possibles de groupes d'extrême gauche dans les milieux industriels.
La raison la plus communément retenue fut un emboutissage trop important des ogives dans leurs douilles et de trop grande variation dans le calibrage de fabrication des munitions.
Il est intéressant de noter que lorsque les anglais reprirent la fabrication du HS-404 sous la désignation de Mk-V, ce défaut fut immédiatement corrigé.
Ces supposés sabotages ou défauts récurant de production ne furent bien-sur en rien la cause de la défaite, le commandement français gardant, et de loin, la responsabilité de ce fait.

Coté production, une fois de plus Hispano-Suiza se distingua par là où il pêchait... Sa capacité de production.
Pour le HS-404, les prévisions étaient de soixante par mois en 1938, de neuf-cents quatre-vingt-trois par mois un an plus tard et de deux-mille six-cents en Mars 1940.
Prévisions qui ne furent jamais respectées.
Le retard par rapport aux besoins des différents constructeurs se chiffrant à quatre-vingts par mois en Juin 1939, à neuf-cents vingt-huit par mois au début de l'automne de la même année. La situation ne se rétablissant que très tardivement, en Mars 1940, deux mois avant l'attaque allemande.

Si malgré ces derniers "défauts", il fallait encore prouver la valeur de cette arme, il est bon de noter que le HS-404 est le père des canons de 20 mm des chasseurs anglais et américains.
Hispano partit travailler pour les anglais qui monteront l'arme sur un certain Spitfire, et vendit à un américain du nom de Colt-Browning sa licence.
Outre-Atlantique, le canon Hispano/Colt va se retrouver sur des appareils comme le F4U Corsair, l'AD-1 Skyraider ou encore la série des F9F Cougar et Panther.
Colt continua de produire la réplique du HS-404 sous la désignation Colt Mk-12. Arme qui servit sur les A-7 Corsair II de première génération et sur les F-8 Crusader, dont les derniers cessèrent leur activité en 1999.

Longueur: 2 052 mm
Masse: 68,7 kg
Calibre: 20 mm
Vitesse initiale: 850 m/sec
Cadence de tir: 700 coups/min
Recul: 400 kg

HS-404

Plan du site | Mentions légales & Sources | Contact | © Aéronavale & Porte-avions 2012-2017, tous droits réservés

Ayez pitié de votre PC, choisissez un navigateur libre et sécurisé   aéronavale & porte-avions.com