Les derniers D-520 de l'Aéronavale


Le Lieutenant de Vaisseau du Merle devient, officiellement commandant de la 2AC au début Décembre 1942.
L'unité renouant enfin avec "l'opérationnel" grâce aux bons soins de l'Armée de l'Air qui transfère ses D-520 sur le compte des deux deux escadrilles de l'Aéronavale.
Cet apport ne pourra toutefois se réaliser que parce l'Armée de l'Air, moins marquée par les récents affrontements, car placé plus loin de "l'épicentre", commence à être pourvue de matériel moderne allié.
La Marine doit en effet attendre pour être rééquipée en avions américains, à part la fausse bonne nouvelle de la fourniture de Curtiss P-40, qui verra le déplacement d'un détachement de marins-pilote à Casablanca, mi-Décembre 1942, et qui se conclura par un vol aller et retour à Agadir sans avions.
Ce comportement des alliés est sans doute dûe à celui de la 1FC, tant vis-à-vis de l'aviation allié que de ses mitraillages acharnés sur les plages de débarquement, lors des récents combats, la formation fut un peu délaissée dans les plans de rééquipement.

Au 1er Janvier 1943, les seules modifications marquantes viennent des changements de commandement.
Le Lieutenant de Vaisseau Faivre qui assurait l'intérim à la tête de la flottille 1FC depuis la disparition du commandant Folliot, transmet le poste au Lieutenant de Vaisseau Mesny, ex-commandant de l'AB-1, flottille plus spécialisé dans le bombardement que dans la chasse.
Il reste alors, dans chaque escadrille, seulement huit D-520, tous usés par le temps et de toutes façons désormais dépassés face aux chasseurs contemporains.

La situation est inchangée au niveau des avions, même si la conférence d'Anfa confirme l'étude des modalités de rééquipement de l'armée française.
Outre le comportement lors du débarquement allié, évoqué plus haut, un autre point achoppe avec les américains.
Leur formation intellectuelle et leurs habitudes de travail font qu'ils n'arrivent pas à saisir pourquoi fournir du matériel à une unité de chasse de l'Aéronavale, alors que cette dernière ne dispose pas de porte-avions.
Ce dossier se complique encore, quand on sait que la Marine n'a pas les moyens de ses ambitions.
L'Armée de l'Air, fin 1939, au plus mauvais moment et ce, malgré les textes datant de 1930, a laché la Marine pour la formation des pilotes.
Depuis cette date, hormis une structure légère mise en place sur la base de Fréjus-Saint-Raphaël, supprimée, de facto avec l'envahissement de la zone libre par l'occupant en 1942, les marins-pilotes ne disposent plus d'aucune structure de formation de pilotes.
Cela pose laquestion, à très court terme du fait de la guerre et de ses risques, de sa capacité à alimenter les formations existantes, ne parlons même pas des nouvelles, en personnel de remplacement.
Alors, pour sauver la face, tentera-t-on, en Juillet 1943 de créer une "école de début et de perfectionnement à la Chasse" sur le terrain d'Igoudar, à l'Est d'Agadir.
Outre les niveaux pilotes, les premiers "clients" furent les élèves-pilotes n'ayant pas eu le temps d'être breveté en 1940 pour cause de débâcle, mais se trouvant sur le territoire d'Afrique du Nord.
L'école dépendra administrativement de la flottille 1FC qui fournit les moniteurs en la personne du Premier-Maitre Goffeny et du Maitre Moulinier.
Pour le matériel, il faudra faire avec des machines antédiluviennes comme les Morane-Saulnier 230 et 315 cédés par l'Armée de l'Air.
Au bout de quelques semaines, il était clairement établi qu'au-delà de la fougue et de la bonne volonté, l'école n'était pas viable.
La Marine était incapable d'assurer la venue d'un matériel décent pour former de jeunes hommes de 1943. Les avions avaient trop évolués, principalement au niveau de la chasse, pour persister sur des appareils d'un autre temps.
L'école fermera officiellement le 8 Mai 1944.

Les deux composantes de la flottille 1FC changent d'appellation au 1er Octobre 1943, devenant respectivement les 1C et 2C, mais, pour les D-520, il n'y avait plus beaucoup d'espoir.
Tous les stocks de rechnages nécessaires étaient regroupés sur le terrain de Casablanca, avec lequel la 1FC n'avait aucun contact, d'autant plus qu'elle est maintenant transférée à Thiersville, en Algérie.
Les marins repasseront à Lartigue le 22 Janvier 1944, mais sans rien changer à cette quasi-impossibilité d'accéder à leur stock de rechanges.
Les choses en étaient au point que le Premier-Maitre mécanicien-aéronef Kerdraon était devenu l'expert de la flottille pour la durée de vie restant aux pneus équipant ces machines.
Il était capable de dire, à l'examen visuel, si un pneu tiendrait un atterrissage de plus !
Le résultat de ces errements fut que le nombre de D-520 disponibles ira en diminuant d'une façon dramatique, transformant la flottille en formation théorique, au fur et à mesure des accidents, dont la cause principale était l'éclatement des pneumatiques.

Le 15 Mai 1944, la 1FC et ses deux composantes disparaissaient, la dissolution se passant à Lartigue, ses pilotes étant affectés à des escadrilles de chasse de l'Armée de l'Air pour leur grande majorité, quelques-uns rejoignant le GAN-2 dont les flottilles sont encore en formation.
Ce fut aussi la fin du Dewoitine D-520 au sein l'Aéronautique Navale.


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