Le glas et Vichy


Ce n'est que début Avril, un mois avant l'assaut nazi, mais aussi à l'occasion de la sortie du D-520 n°139, que la définition finale de ce chasseur fut entérinée.
La réflexion avait été bonne, bien que trop tardive, à Orléans-Bricy, le n°2 atteignait 535 km/h à 5 000 mètres d'altitude.
Heureusement, pour la peine donnée, le GC I/3 sera le premier servi avec les avions réputés "bons de guerre". Les pilotes les récupéreront à Cannes-Mandelieu entre le 17 Avril et le 7 Mai 1940, il était temps !
Cependant, le 10 Mai au matin, il n'y avait que trente-huit D-520 opérationnels au sein de l'Armée de l'Air et aucun dans l'Aéronavale.
Ils furent trois-cents trente pour la même arme, plus vingt-six pour l'Aéronautique Navale le 25 Juin 1940, juste après la débâcle, quand tout était fini.
Interdits en France métropolitaine, les D-520 furent regroupés en AFN.

En Avril 1941, avec l'autorisation de la commission d'armistice allemande, un programme de construction de mille soixante-quatorze nouveaux avions était lancé, dont cinq-cents cinquante Dewoitine 520.
Cette dernière commande (contrat 157/41) fut reçu par la SNCASE, Société Nationale de Construction d'Avions du Sud-Est, en lieu et place de la SNCAM de Toulouse.
Cette dernière société, l'ex-entreprise Dewoitine, était la première victime expiatoire des turpitudes des hauts fonctionnaires prouvant, par la même, leurs capacités de gestionnaires.
Ils l'avait tellement fait travailler à la limite, ou en dessous des prix de revient, qu'ils en avaient finis par la faire disparaitre.

Les commandes ne purent être achevées pour cause d'envahissement de la zone dite libre par les allemands, après le débarquement allié au Maroc et en Algérie.
Seuls trois-cents quarante-neuf D-520 furents produits, dont seulement cent quatre-vingt-dix-sept avec le moteur Hispano-Suiza 12Y49.
L'autre facette de ce programme inachevé, était que construire de nouveaux D-520 était bien, mais aucune amélioration, même celles programmées et essayées avant la débâcle de 1940 n'étaient appliquées sur le meilleur chasseur français de l'époque.
Il s'en suivait une lente descente dans les sous-sol de l'obsolescence, le conflit mondial qui perdurait poussant à l'amélioration des performances dans tous les domaines sur les appareils concurrents.

Plusieurs D-520 produit puis capturés en zone libre par les allemands servirent au sein de la Luftwaffe, pour l'instruction de chasse, essentiellement sur la base française de Pau.
Les autres, pour la plupart, furent vendus par l'occupant à ses alliés, à savoir, la Bulgarie qui les employa contre l'aviation soviétique et, l'Italie qui les utilisa contre les raids alliés menés depuis l'Afrique du Nord.
Une poignée de D-520 furent capturés par les resistants français en 1944, lors du repli allemand du Sud de la France, qui les employèrent dans des groupes d'aviation de chasse des FFI, le plus connu de tous étant le groupe Doret.

Des D-520 des FFL combattirent les poches Allemandes de Royan et de la Rochelle, là où la Luftwaffe ne pouvait plus les inquiéter.
Les derniers furent des D-520-DC, biplace école, qui servirent à l'instruction au vol à Tours jusqu'en 1947.


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